Devarim: "Panser" par l'écoute

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Avec l'aide d'Achem, nous allons ouvrir le dernier livre du H'oumach, le Séfer Devarim.

Ce Séfer est un long discours de Moché Rabénou prononcé à tout le peuple, quelques jours avant sa mort. Et il commence sur ces mots....

« Ce sont là les paroles que Moché adressa à tout Israël de l'autre coté du Yarden, dans le désert, dans la plaine en face de Souf, entre Paran et Tofel, Labân, Hacéroth et Di-Zahav. » (Devarim 1;1)

Rachi nous explique que ces paroles, sont des paroles de réprimande, et que le texte va énumérer tous les lieux où ils ont irrité Achem. Cependant Moché dissimule les méfaits et ne les cite que par allusion, afin de ménager l'honneur d'Israel.

Dans ce discours, Moché nous offre une démonstration de la Mitsva de réprimander son prochain. Comme il est dit : « reprends ton prochain, et tu n'assumeras pas de péché à cause de lui. » (Vayikra 19;17)

La « Tokhakha » ou réprimande, une Mitsva essentielle et importante car elle vient défendre et préserver l'honneur d'Achem et de la Torah. Cependant, elle est aussi très délicate, elle pourrait « H'ass Vé Chalom » avoir des effets néfastes si elle était mal faite.

La Guémara Chabat 64b, nous enseigne : « Celui qui voit son prochain commettre une Avéra (faute), et ne le réprimande pas, la faute lui revient à lui comme s'il avait commise depuis le départ »

A la vue de ces paroles, il y aura de quoi se tourmenter...

Mais ces tourments ne nous donneront pas droit a agir n'importe comment afin de se libérer de cette Mitsva et de ses angoisses.

S'acquitter de la Mitsva de faire une réprimande ne s'agit pas juste de « balancer » à l'autre sa faute commise. Il faudra agir avec sagesse et finesse d'esprit.

Rabbi Elièzer Papo, auteur de l'œuvre 'Pélé Yoets', nous guide dans la manière d'agir.

Dans le chapitre sur la réprimande, il nous explique dans un premier temps l'importance et la grandeur de cette Mitsva, et que c'est l'honneur du Nom de Achem qui est en jeu.

Pourtant, il fini ce chapitre par une mise en garde de prudence dans notre manière de réprimande, afin de ne pas commettre une Avéra, que D.ieu nous en préserve. Nos remontrances ne devront pas occasionner la honte de son prochain, notre discours ne devra pas être dur afin de ne pas éveiller de la discorde et de la haine.

Il nous faudra parler tendrement et ne pas blesser l'honneur de son prochain. On ne devra pas lui rappeler sa faute, mais plutôt commencer par des paroles honorifiques et par le suite le réprimander.

Comme la Guémara nous l'enseigne dans le Traité Sanhédrin 107b: « repousse de la main gauche et rapproche de la main droite ».

Ceci est une grande règle dans les relations avec son prochain, mais aussi dans le couple ou dans l'éducation des enfants.

Lorsqu'on réprimandera son enfant,ou son conjoint parce qu'il ou elle s'est mal conduit, il faut en même temps mettre en valeur ses bonnes actions et l'en féliciter.

S'il est une Mitsva de réprimander, il en est une aussi de savoir l'écouter lorsqu'on nous l'a fait. On sera être très zélé et pointilleux pour la faire, mais beaucoup moins pour la recevoir.

A ce sujet le Chaareï Téchouva nous éclaire sur le don de l'ouïe et de la fonction de l'oreille au service de l'homme. Il nous dit que l'oreille doit nous servir a écouter les réprimandes. Sur ce, il nous rapporte la parabole suivante tirée de Chémot Raba Yitro 27;9:

« Lors d'une chute, un homme se brise tous les membres du corps, afin de les guérir chacun d'entre eux devront être bandé ou plâtré.

Pour le « pécheur », celui qui est atteint d'une maladie spirituelle, c'est tous ses membres qui sont atteints, car tous sont souillées.

Pourtant, D. guérit tous ses membres par un unique pansement : l'écoute attentive de l'oreille. Comme il est dit : « Prêtez l'oreille et venez à moi; écoutez et vous vivrez » Yéchayaou 55;3)

Étudions la Torah ses lois et son Derekh Erets (savoir vivre), afin que nos réprimandes soient justes et fondées, et travaillons nos Midot pour accepter la Tokhakha, afin de faire évoluer notre conduite.

Chabat Chalom

Matot: Cacherisation de l'ame

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« Toutefois,l'or et l'argent, le cuivre, le fer, l'étain et le plomb; tout ce qui supporte le feu, vous le passerez par le feu et il sera pur, après toutefois avoir été purifié par l'eau lustrale; et tout ce qui ne va pas au feu, vous le passerez par l'eau »(Bamidbar 31;22-23)

Ces versets viennent nous enseigner les principes des lois de cachérisation des ustensiles. Celui qui a été utilisé pour rôtir devra être bruler et celui qui a été utilisé pour bouillir ou autre devra être échaudé à l'eau bouillante.

De la même manière qu'il a été souillé, l'ustensile sera cacherisé.

Par la suite il sera trempé au mikvé, afin d'être purifié.

De ce principe, le Rav Moché Feinstein Zatsal, vient nous enseigner une grande règle en matière de Téchouva(repentir) : De la même manière qu'un ustensile souillé pourra être cacherisé et purifié, ainsi en sera t-il pour l'homme.

Voila une bonne nouvelle pour chacun d'entre nous, à quelques semaines du mois de Elloul, mois propice de la Téchouva .

Mais que signifie au juste cette Téchouva?

Prenons exemple d'une personne qui durant sa jeunesse a été absorbée par le petit écran, ou a rythmé au son des mélodies Disco, Rock ou Hip Hop.

Comment va t-il pouvoir s'en défaire, sans réellement pouvoir se détacher de son passé, parti intégrante de sa personne.

Comment va t-il pouvoir se cachériser, afin de devenir un ustensile cacher, réceptacle de la Torah?

C'est justement ce que vient nous enseigner notre Paracha, ce qui est rentré par le feu devra sortir par le feu! Le même feu, le même enthousiasme qui a fait pénétrer en nous ces mélodies qui nous ont fait chanter et danser, devra être utilisé pour les faire sortir.

C'est l'enthousiasme de Kedoucha(pureté) qui fera sortir l'enthousiasme de Touma (souillure). C'est cette force égale et opposée qui nous cachérisera.

Tout cet engouement que nous avons eu pour un match de foot, ou toute cette passion pour un roman, devra être mis au service de la Torah.

Toutefois, une seconde condition sera nécessaire, pour le bon déroulement de l'opération.

Rachi nous précise qu'avant toute cachérisation d'un ustensile, il sera indispensable d'en gratter et éliminer la rouiller qui se trouve sur celui-ci, afin que celui-ci retrouve son état naturel, le métal. La rouille resté sur l'ustensile annulera donc le processus de cachérisation .

De même si en nous il y a de la rouille, nos efforts n'aboutiront pas.

La Guemara Haguiga 15b, nous rapporte l'histoire de Elisha Ben Abouya, le maitre de Rabbi Meir.

Sa sagesse, sa sagacité, son érudition était si grande que les Sages d'Israël se flattaient d'un tel élément dans leurs rangs. Seulement voila, un air de mélodies grec ne quittait jamais ses lèvres et il cachait des livres de poésies grecques hérétiques. Torturé entre ces deux cultures, Elisha Ben Abouya devient Ah'er(l'autre) et fut exclu de ses pères.

Le mal et le bien ou la Kedoucha et la Touma sont des forces qu'ils ne peuvent cohabiter ensemble.

Celle-ci exige de lui, simplement, qu'il regrette le mal qu'il a fait, qu'il le répare, qu'il demande pardon et s'engage à ne plus recommencer.

La volonté et l'engagement doit être sincères et non formulés du bout des lèvres seulement. Enfin, rayer véritablement et totalement nos actions et comportements passés sera possible, pour devenir un nouvel être.

Chabat Chalom

Pinh'as : Le fou du Roi

«Pinh'as, fils d'Eléazar, fils d'Aaron le Cohen, se leva du milieu de la communauté, arma sa main d'une lance. Il entra, sur les pas de l'homme d'Israël, dans la tente, et les perça tous deux, l'homme d'Israël, ainsi que cette femme, qu'il frappa au flanc; et le fléau cessa de sévir parmi les bnei Israël » (Bamidbar 25;7-9)

Par la suite de cet épisode, « L'Éternel parla ainsi à Moche: "Pinh'as, fils d'Eléazar, fils d'Aaron le Cohen, a détourné ma colère de dessus les enfants d'Israël, en se montrant jaloux de ma cause au milieu d'eux, en sorte que je n'ai pas anéanti les enfants d'Israël, dans mon indignation. C'est pourquoi, tu annonceras que je lui accorde mon alliance de paix. » (Bamidbar 25;10-12)

Rappelons que Bilaam n'arrivant pas à maudire le peuple juif, s'est adressé au filles de Moab pour entrainer les Hébreux à la débauche, à l'orgie et à l'idolâtrie.

Un, parmi le peuple, le prince Zimri ben Salou, osa emmener l'une d'entre elles parmi ses frères. Ce n'était pas n'importe quelle Midianite, mais la princesse, Kozbi bat Tsour, qui n'avait que pour but de s'introduire parmi les Bnei Israël et de faire fauter Moché.

Devant cette débauche, Achem envoya un ange pour sévir le peuple et l'anéantir.

Pinh'as réussit à s'introduire parmi les fauteurs en réclamant vouloir les rejoindre, s'introduisit dans la tente, vengea l'honneur d'Achem en les transperçant tous les deux d'une fourche et arrêta l'épidémie dévastant le peuple.

Rachi nous explique que Pinh'as était enflammé de passion pour venger la cause divine. Il a accepté de passer pour un trouble fête, un intolérant, un fou de D.ieu, uniquement pour rétablir la justice et sauvegarder la morale dans le peuple. C'est au péril de sa vie qu'il a traversé une foule en folie, pour aller transpercer ce juif et cette Midianite.

De Pinh'as nous apprenons, que nous devons, nous aussi, combattre des faits identiques de notre quotidien, lorsque l'honneur de D.ieu et de la Torah sont bafoués.

Évidement il y a des Halakhot très précises: on ne doit pas jeter des pierres à une voiture qui roule Chabat ou encore frapper une femme découverte...

Mais nous devons vivre avec ce concept, celui de défendre l'honneur du Tout puissant.

Cette paix entre Achem et nous, ne peut être construite sur des compromis, ou sur des faiblesses, en se disant qu'il vaut mieux parfois se taire pour préserver une pseudo paix familiale ou autre.

Quitter le terrain de ce combat, c'est se faire complice des ennemis de D.ieu, et leur laisser donc gagner du terrain. L'indifférence ne pourra sauver la justice et la loi.

Il arrive parfois, que des réunions ou fêtes familiales, amicales ou professionnelles se dérouleront pas selon les règles de notre Torah. Il faudra être assez grand et fort et donner les raisons de notre absence ou de notre abstinence, et ne pas inventer des fausses excuses qui ne rétabliront pas la paix entre nous et D.ieu. Nos Sages nous enseignent : « mieux vaut pour l’homme être traité de fou toute sa vie que d’être mauvais un seul instant aux yeux de D.ieu »

La solitude du courage vaut mieux que la lâcheté de la société. La Guémara Ketouvot 17a, nous enseigne : « Et si on vient te dire qu'il faut toujours mêler son esprit à la société : Réponds que s'il s'agit d'hommes, qui se conduisent comme des hommes, et non comme des animaux.

Celui qui aime son père, sa mère, ne pourra supporter de le voir se faire injurier, et viendra évidement à son secours.

La question reste, Aimons-nous D.ieu? Si, oui comment pouvons nous rester inerte face à cet affreux spectacle qui met en horreur notre Père, le Tout Puissant....

Nous avons le devoir*, lorsqu'un cas se présente, de mettre tout en oeuvre, pour agir selon la volonté de notre Créateur, rétablir la justice et sauvegarder l'honneur de notre Père.

Ainsi la récompense d'Achem sera infinie.

Comme l’ont dit nos Sages: la récompense sera en fonction de la difficulté ...

Chabat Chalom

*Il sera toujours nécessaire auparavant d'interroger une autorité rabbinique afin d'agir selon les règles de la Halakha et du Derekh Erets (savoir vivre).